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Jeudi 2 mars 2006
Né en 1960 à Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne), Bertrand Demey, alias Beb-Deum, commence à dessiner très jeune. Ce moyen d’expression permet à l’enfant renfermé, mal à l’aise avec ses camarades d’école, de vivre, d’exister.
Enfermé dans le dessin, il rêve de devenir dessinateur tout en étant persuadé qu’il ne pourra jamais exercer ce métier jugé fantastique, car définitivement inaccessible.
Pourtant, il ne cesse de griffonner. Et de lire des fumetti (bandes dessinées italiennes). Sans relâche. Jusqu’à prendre la décision qui s’impose : l’adolescent mal dans sa peau interrompt brutalement ses études secondaires pour s’atteler aux concours des écoles d’art.

En 1976, à 16 ans, il entre à l’Ecole Supérieure des Arts Appliqués Duperré à Paris, où il suit notamment les cours de bande dessinée de Georges Pichard et Yves Got.
Diplômé quatre ans plus tard, l’artiste fait ses premières armes chez Métal Hurlant, découvert quelques années plus tôt grâce aux couvertures de Moebius. Jean-Pierre Dionnet et Philippe Manœuvre, les rédacteurs en chef du magazine, lui laissent d’emblée carte blanche.
Excité à l’idée de publier sa première histoire, « Projection privée », l’apprenti dessinateur travaille un mois sur chaque planche.

Parallèlement, quelques grands journaux et magazines lui donnent sa chance. L’illustration devient alors son gagne-pain (il travaille pour la presse, l’édition, la publicité, réalise affiches et pochettes de disques), et la BD, une passion persistante et dévorante, en marge de son travail alimentaire.

En 1987, Les Humanoïdes Associés publient L’Album, compilation de dix petites histoires réalisées pour « Métal ». Suivront Région étrangère (1988) et Ma vie est un bouquet de violettes (1992), en collaboration avec son complice Jean-Pierre Dionnet, et le monumental album kafkaïen Bürocratika (1989), créé seul de bout en bout.

Afin de travailler plus sereinement sur ses projets personnels, gourmands en heures passées devant sa planche à dessin, il fait des demandes de bourses tout en continuant à jongler avec les travaux de commande.
Il s’expatrie en 1993 à Tokyo, puis en 1995 à Kyoto, au pays du Soleil Levant. Il y découvre un univers très dépaysant où s’imbriquent culture traditionnelle et esthétique futuriste, aux antipodes des années 30 et de la culture rock des fifties, qui l’avaient jusque-là inspiré.
Dans ce monde sous tension, il s’aperçoit que tout ce qu’il avait toujours voulu retranscrire à travers ses œuvres – la solitude de l’individu face à la société, au monde inhumain – se dessine au quotidien sous ses yeux. Kodansha, un éditeur de mangas, lui commande un album de 200 pages. Edité en 1996 au Japon, La théorie des dominos sort en France l’année suivante.

En 1998, l’ordinateur entre dans la vie de Beb-Deum. Il voit l’abandon du papier, de l’aérographe, de l’encre, des feutres et des pinceaux, et l’achat de ce nouvel outil (sur les conseils du photographe Laudator et du dessinateur Fred Beltran) comme une évolution logique.
Publié en 1999, le recueil Eloge de la moue fait la synthèse de son travail en réunissant dessins traditionnels et créations numériques.
Son dernier livre, PK12 (2003), un carnet de voyages sur la République Centrafricaine, prouve, s’il en était besoin, que nous avons la chance d’avoir parmi nous un auteur émérite dont l’œuvre atypique n’a pas fini de nous surprendre.

Beb-Deum vit et travaille à Auvers-sur-Oise (Val d’Oise).

La biographie courte de Beb-Deum

Sa bibliographie

Ses œuvres

Son site officiel


© Cyril Cavalié
par Kurios publié dans : L'artiste
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